Bangladesh - un Accord sur la sécurité des usines qui sauve des vies

Lorsqu’en 2013 le Rana Plaza s’est effondré, tuant 1134 travailleurs de l’habillement, il est devenu évident que quelque chose devait changer pour rendre les usines de confection du Bangladesh plus sûres. Trois semaines plus tard, l’ « ACCORD sur la sécurité des bâtiments et la prévention incendie » était lancé. Un pas historique. Ces cinq dernières années, l’ACCORD a mené des inspections, supervisé les rénovations et formé des travailleurs aux questions de sécurité dans 1631 usines.

 

L’ACCORD prendra fin le 15 mai 2018. Pour terminer le travail entamé et pérenniser les avancées réalisées, un « ACCORD de transition » prendra le relais pour trois ans. Il nécessite encore le soutien des enseignes. Et celles-ci ne disposent d’aucun autre moyen crédible pour garantir la sécurité et les droits des travailleurs qui fabriquent leurs vêtements au Bangladesh.

Il aura fallu une catastrophe de l’ampleur du Rana Plaza pour que 200 enseignes d’habillement signent enfin l’ACCORD sur la sécurité des bâtiments et la prévention incendie au Bangladesh, une forme de contrat signé entre des syndicats du Bangladesh et internationaux, et ces enseignes. Un accord innovant et  historique. En quoi ?

L’Accord consiste en un programme d’inspection et de mise en conformité des usines qui fournissent les enseignes signataires. Il couvre plus de deux millions de travailleurs. Le financement de sa mise en œuvre est assuré par les deux cents enseignes signataires, qui s’engagent également à obliger leurs fournisseurs à accepter les inspections et les rénovations, et à maintenir leur niveau de commande au Bangladesh durant la mise en œuvre de l’ACCORD. Elles s’engagent aussi à s’assurer que leurs fournisseurs disposent des moyens financiers nécessaires pour mettre leurs bâtiments aux normes.

En outre, l’ACCORD travaille en toute transparence[1] et est juridiquement contraignant. À deux reprises, les syndicats ont saisi la Cour internationale d’arbitrage, ce qui a permis dans les deux cas de régler le différent à l’amiable pour financer et accélérer la mise aux normes de plus de deux cents usines[2].

 

L’ACCORD a sauvé des vies !

Lors des inspections, les inspecteurs ont identifié plus de 130.000 problèmes de sécurité. Toutes les usines étaient concernées. Aujourd’hui, 83% de ces problèmes ont été résolus, 136 usines ont mis en œuvre l’entièreté de leur plan d’actions de correction et 726 usines ont mis en œuvre plus de 90 %.

Bien sûr, la mise en œuvre de l’Accord n’est pas parfaite. 96 usines ont refusé de se faire inspecter ou de rénover leurs bâtiments. Et quelques 1.200 usines sont en retard sur la mise en œuvre de leur plan d’actions correctrices.

Il n’en reste pas moins que l’Accord a déjà sauvé des vies et rendu plus sûr le travail de plus de deux millions d’hommes et de femmes au Bangladesh.

 ACCORD de transition : toutes les enseignes doivent s’engager

Le 15 mai 2018, un ACCORD de transition prendra le relais de l’ACCORD signé en 2013. Son objectif est double : terminer la mise en œuvre de l’ACCORD initial et pérenniser les avancées réalisées. En effet, les retards s’accumulent dans les rénovations des usines et un délai supplémentaire est nécessaire pour garantir au maximum la sécurité des travailleurs. Par ailleurs, le gouvernement du Bangladesh n’a pas encore démontré toute la volonté nécessaire, ni ses capacités à reprendre le travail d’inspection et de mise aux normes des usines. Cette transition doit permettre aux travailleurs de suivre les questions de sécurité dans leur usine et au gouvernement du Bangladesh de développer une inspection sociale qui garantisse effectivement la protection des travailleurs.

La réussite de l’ACCORD de transition dépend aujourd’hui de la volonté des enseignes de s’engager. Les entreprises ne disposent d’aucun autre moyen crédible pour respecter le droit des travailleurs qui fabriquent leurs vêtements au Bangladesh à travailler en toute sécurité.

Mi-mars, seules 120 enseignes d’habillement avaient signé l’ACCORD de transition. À nous de convaincre les grandes marques internationales comme les enseignes belges de signer l’ACCORD. 

 

A lire également : deux articles importants que vous pouvez retrouver sur la page d'achACT: 100 jours pour adhérer à l'Accord Bangladesh 2018 ! et Un Accord historique sur la sécurité des batiments au Bangladesh (www.achact.be)

 

Par Jean-Marc Caudron, achACT.

 

[1] Les rapports d’inspection et l’état d’avancement de la mise aux normes sont consultables sur http://bangladeshaccord.org
[2] https://www.theguardian.com/business/2018/jan/22/bandgladesh-textile-factory-safety-unions-settlement

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